Journée d'étude 2014

« Intermédiations et valorisations de la culture et de l'information à l'ère du numérique »

jeudi 6 février 2014 à Toulouse

organisée par l'Observatoire des pratiques socio-numériques

avec le soutien du Lerass et du Labex SMS - ComUniTic

Si le capitalisme cognitif est par nature financiarisé, il est également tributaire des technologies numériques sans lesquelles il ne pourrait pas exister en tant que tel (Colletis et Paulré, 2008). Désormais l’émergence des nouveaux modèles d'affaires est intrinsèquement liée aux caractéristiques économiques de l'information numérisée (non rivalité des biens informationnels, effet de réseaux, coopétition, abaissement des coûts de transaction etc.). Ceci est particulièrement vrai dans le cas des industries de la culture, de l'information et de la communication (ICIC) en pleine mutation (Bouquillion et Matthews, 2010).

Le positionnement de l'internet au cœur des pratiques culturelles et informationnelles d'une part grandissante de la population ouvre des perspectives nouvelles. Ces perspectives se matérialisent dans les modes de production de contenus, avec notamment l’intégration à la fois de pratiques collaboratives et de méthodes de rationalisation du travail intellectuel. Elles sont également observables au niveau de la distribution/diffusion et du financement de la culture et de l'information avec le renforcement des logiques d'infomédiation algorithmique et sociale (Smyrnaios, Rebillard, 2011) et l'apparition de nouvelles sources de revenu – crowdfunding, publicité comportementaleetc. (Matthews, Rouzé et Vachet, 2014). Néanmoins, à l'ère du numérique, les acteurs des industries de contenu sont également confrontés à de nombreux défis : emprise croissante d’un petit nombre des firmes technologiques comme Google sur le segment de l'intermédiation (Sire, 2013) ; perte de contrôle sur les modalités de circulation et de valorisation des contenus ; hyperconcurrence sur des marchés qui leur étaient traditionnellement réservés comme la publicité ; fragmentation et recomposition de la demande (Beuscart et al., 2012) ; mise en cause de leur fonction prescriptrice etc.

Cette journée d'étude a pour objectif de mener une réflexion portant sur cette nouvelle donne : quelles sont les particularités de cette nouvelle phase du capitalisme ? Comment s'y adaptent les industries culturelles et les médias ? Quels sont le poids et le rôle des acteurs oligopolistiques de l'internet ? Quels sont les enjeux socio-économiques et technologiques des mutations à l'œuvre ? Le programme de la journée combine des approches en provenance de la sociologie, de l'économie et des sciences de l'information et de la communication et vise à faire état de certaines élaborations théoriques et de travaux empiriques récents.

Programme

10h15 Introduction à la journée

10h30 Gabriel Colletis, LEREPS, Université Toulouse 1 : « Une mise en perspective du capitalisme cognitif »

11h30 Jean-Samuel Beuscart, Orange Labs : « Publicité et recommandation socio-numérique dans la consommation culturelle »

12h30 repas

14h Jacob Matthews, CEMTI, Université Paris 8 :  « L'intermédiation des plateformes de crowdfunding et de crowdsourcing : vers une nouvelle étape de l'industrialisation de la culture?  »

15h Guillaume Sire, Université Paris 1 : « Google et la presse en ligne : à quel prix valorise-t-on l'information sur le moteur de recherche ? »

16h Nikos Smyrnaios, LERASS, Université Toulouse 3 : « Le journalisme web entre travail immatériel et digital labor »

17h Clôture

Lieu : IUT A, 115 route de Narbonne, 31077, Toulouse, Département Info-Com, salle 134, 1er étage.